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2015
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Eza, dont l’histoire débute en 1921 à Pforzheim en Allemagne autour de l’entreprise horlogère d’Hermann Becker, est aujourd’hui une marque mécanique indépendante à structure suisse qui associe dessins inspirés de ses archives, mouvements automatiques Sellita et caractéristiques techniques modernes. La société historique produisait boîtiers, cadrans, composants puis ses propres mouvements avant de disparaître en 1979 pendant la crise du quartz. Le nom reste ensuite dormant pendant trente-sept ans avant d’être repris en 2015 par les Néerlandais Adriaan Trampe et Diederik van Golen, qui relancent commercialement Eza en 2016 avec la plongeuse Sealander. Depuis, la marque a développé AirFighter et une réinterprétation de sa plongeuse de 1972. La structure actuelle est suisse, basée à Freienbach, et les montres sont désormais assemblées en Suisse. Eza ne fabrique plus ses propres calibres comme dans les années 1950-1970 : elle utilise principalement le Sellita SW200, réglé sur six positions avant livraison.
L’histoire originelle commence avec Hermann Becker, né en 1897 et installé dans l’environnement industriel de Pforzheim. En 1921, il fonde une entreprise spécialisée dans la fabrication de boîtiers, de cadrans et de composants destinés aux mouvements mécaniques. La ville constitue alors l’un des principaux centres allemands de l’horlogerie et de la joaillerie, avec de nombreux ateliers spécialisés capables de travailler ensemble. Le nom Eza est associé à Hermann Becker et à ses productions horlogères, donnant une origine allemande réelle au patrimoine de la marque, même si la société actuelle n’est juridiquement plus celle de 1921.
Les montres Eza historiques ne se limitaient pas à une seule catégorie. La production comprend des montres habillées, des modèles de plongée et différentes créations mécaniques correspondant aux goûts de leur époque. La réputation de la maison se construit particulièrement autour des boîtiers résistants à l’eau, domaine important pour l’horlogerie allemande d’après-guerre. Cette compétence explique pourquoi la renaissance du XXIe siècle choisira elle aussi la montre de plongée comme premier terrain d’expression. La résistance à l’eau constitue ainsi l’un des liens les plus cohérents entre les deux périodes d’Eza.
Hermann Becker meurt dans un accident de voiture en 1951. Son épouse reprend alors la direction de l’entreprise, qui poursuit son évolution technique. En 1958 apparaît le premier mouvement développé et produit dans la manufacture Becker. Plusieurs calibres suivront, notamment les 312, 313, 80, 106, 115 ainsi que les 110, 111 et 114 équipés de fonctions calendaires. Cette période permet réellement de parler d’une production de mouvements interne à l’entreprise historique, distinction importante puisque la marque moderne utilise au contraire des calibres provenant de fabricants suisses spécialisés.
Le HB 313 automatique est particulièrement associé aux Eza vintage et apparaît dans de nombreuses pièces encore échangées aujourd’hui par les collectionneurs. Boîtiers, cadrans et mouvements pouvaient alors provenir de la structure Becker ou du réseau industriel local de Pforzheim. À son apogée, cette organisation est donc beaucoup plus verticalisée que l’Eza contemporaine. Il serait toutefois incorrect de transférer automatiquement le statut de manufacture historique aux montres actuellement commercialisées, dont le moteur mécanique est fourni par Sellita.
La crise du quartz bouleverse ensuite l’industrie mécanique européenne. Hermann Becker KG cesse son activité en 1979, alors que l’entreprise compte encore quarante-huit collaborateurs selon les archives reprises par la marque. Eza disparaît ainsi du marché pendant plusieurs décennies. Il ne s’agit pas d’une continuité industrielle silencieuse : il existe une véritable rupture entre l’entreprise historique et sa renaissance contemporaine, sans production continue entre 1979 et 2016.
La seconde histoire d’Eza commence en 2015. Adriaan Trampe, jeune Néerlandais étudiant à la fois l’économie et l’horlogerie, rencontre Diederik van Golen. Les deux passionnés souhaitent créer une montre mécanique inspirée des plongeuses anciennes. En recherchant un nom possédant une histoire cohérente avec leur projet, ils découvrent Eza et acquièrent la marque. Trampe précisera par la suite que cette reprise concernait le nom et son histoire, sans employés, stocks ou moyens de production provenant de l’ancienne société.
Cette précision rend la renaissance plus facile à comprendre. L’Eza moderne ne poursuit pas physiquement une ligne de production restée intacte à Pforzheim. Les nouveaux propriétaires construisent une nouvelle entreprise en s’inspirant de certains détails graphiques anciens. L’indexation particulière du cadran et plusieurs codes stylistiques sont étudiés à partir de pièces vintage, mais l’ensemble du boîtier, de l’industrialisation et de la chaîne de fournisseurs est recréé. Eza appartient ainsi à la catégorie des marques historiques relancées plutôt qu’à celle des manufactures ayant fonctionné sans interruption.
La première Sealander est dévoilée en février 2016. Le projet devait initialement utiliser un Miyota 9015 japonais, mais les fondateurs réagissent aux remarques de collectionneurs et remplacent finalement le mouvement par l’ETA 2824-2 sans augmenter le prix annoncé. La montre est conçue aux Pays-Bas puis réglée par Adriaan Trampe, qui possède une formation d’horloger à Schoonhoven et a notamment effectué une expérience professionnelle dans un environnement de service Rolex. Cette compétence technique donne davantage de crédibilité horlogère au projet qu’une simple opération de licence de marque.
AirFighter suit en 2017 avec une interprétation contemporaine de la montre d’aviateur, puis la collection 1972 reprend plus directement une ancienne Eza. Pour développer cette dernière, Trampe acquiert auprès d’un collectionneur australien une plongeuse originale du début des années 1970 et travaille à partir de ses proportions et détails. La montre moderne conserve l’esprit de l’originale mais gagne un boîtier plus grand, du saphir, une lunette moderne et une meilleure étanchéité. La 1972 constitue donc la réédition la plus directement liée à une référence historique identifiable.
L’organisation industrielle évolue également. Les premières montres de la renaissance sont assemblées à Pforzheim, renouant symboliquement avec la ville d’origine, tandis que la conception et une partie du développement passent progressivement par la Suisse. Une entité suisse EZA Watches Sàrl apparaît en 2019. Adriaan Trampe cède ensuite une partie de ses parts en 2021 puis le solde en 2024. La société transfère son siège de Lausanne à Freienbach en 2025 et devient EZA Watches GmbH. Cette évolution marque le passage d’un projet néerlandais faisant assembler ses montres en Allemagne à une entreprise juridiquement et opérationnellement suisse.
Au 31 octobre 2026, Adriaan Trampe n’est plus associé de la société. Le registre du commerce suisse indique que Théophane Ramé détient désormais l’intégralité des parts d’EZA Watches GmbH et préside sa direction, tandis que Philipp Thielen est également gérant. Cette évolution récente mérite d’être mentionnée car de nombreuses présentations disponibles sur Internet décrivent encore Trampe comme propriétaire actuel. L’histoire de la renaissance reste indissociable de son travail, mais la gouvernance actuelle est différente.
Le catalogue contemporain reste volontairement resserré. Trois familles structurent l’offre : Sealander pour la plongée, AirFighter pour l’aviation et 1972 pour la réédition vintage. Plutôt que de multiplier GMT, chronographes, calendriers ou complications décoratives, Eza privilégie des trois-aiguilles automatiques simples et s’appuie sur les couleurs, les matériaux et les bracelets pour élargir les possibilités. Cette stratégie donne une gamme lisible et cohérente malgré le changement de propriétaires intervenu depuis la renaissance.
Le langage général reste très influencé par les années 1950 à 1970. Verres bombés, index généreux, chiffres d’aviateur, aiguilles glaive, bracelets Tropic ou cuir vieilli et lunettes relativement fines constituent les principaux codes. Eza ne cherche cependant pas à reproduire les défauts fonctionnels de l’époque. Les principales références utilisent désormais acier 316L, saphir antireflet, inserts de lunette en céramique et Super-LumiNova. La philosophie pourrait se résumer à conserver l’apparence ancienne tout en modernisant les éléments soumis à l’usage quotidien.
Cette stratégie est particulièrement claire sur la plongeuse 1972. La forme du boîtier, les proportions générales du cadran et la simplicité de la lunette évoquent fortement une skin diver ancienne, mais l’étanchéité atteint 200 mètres et le verre est en saphir sur les versions de 39,6 millimètres. La montre peut ainsi conserver un profil relativement fin tout en étant utilisée comme une véritable sportive. Elle représente le meilleur exemple de la manière dont Eza transforme une archive en produit moderne plutôt que de fabriquer une copie strictement historique.
Sealander s’inspire plus librement du patrimoine. La première version de 2016 reprend certains index observés sur d’anciennes Eza mais ne reproduit pas une référence précise. Elle constitue plutôt une interprétation générale des plongeuses des années 1950 et 1960. Cette liberté permet une étanchéité de 300 mètres, une lunette céramique et une construction nettement plus massive. Sealander est davantage un hommage à l’univers historique d’Eza qu’une réédition au sens strict.
AirFighter utilise quant à elle les codes classiques de la Flieger et de la montre d’observation militaire : grande minuterie, triangle à douze heures, chiffres fortement contrastés, grande couronne facile à saisir et absence de date. Son dessin est moins directement lié aux archives propres d’Eza que celui de la 1972. La marque ajoute néanmoins quelques détails personnels, notamment certaines gravures et la combinaison particulière de surfaces brossées et polies. La lisibilité reste ici prioritaire sur l’originalité absolue du concept.
Le choix d’un même mouvement Sellita sur les trois familles simplifie également la production. L’actuel SW200 ou SW200-1 fonctionne à 28 800 alternances par heure, utilise 26 rubis et offre environ 38 à 41 heures de réserve de marche selon la version et la documentation commerciale. Eza annonce surtout un réglage sur six positions avant livraison. Cette intervention constitue la principale valeur ajoutée mécanique de la marque sur un calibre industriel très largement diffusé.
Le réglage sur six positions mérite d’être distingué d’une certification chronométrique. Eza ne présente pas les montres comme certifiées COSC et ne publie pas pour chaque référence une tolérance garantie équivalente à celle d’un chronomètre officiel. Le réglage multi-position permet néanmoins de réduire les différences de marche liées à l’orientation du mouvement et témoigne d’une attention supérieure à la simple sortie de boîte d’un calibre standard. Il s’agit d’un travail de réglage, pas d’un nouveau mouvement ni d’une certification externe.
Eza 1972 Diver Black utilise un boîtier en acier 316L de 39,6 millimètres, d’environ 11,95 millimètres d’épaisseur et 50 millimètres de corne à corne. Le verre saphir bombé reçoit un traitement antireflet intérieur et la lunette utilise un insert céramique. L’étanchéité atteint 200 mètres. Le Sellita SW200-1 automatique offre 26 rubis, 28 800 alternances par heure et environ 41 heures de réserve de marche. Le tarif français actuel est de 1 095 euros.
Eza 1972 Diver Blue reprend exactement la même architecture avec un cadran bleu et plusieurs choix de cuir accompagnés d’un bracelet Tropic en caoutchouc. L’absence de date conserve la symétrie du cadran et rapproche visuellement la montre d’une plongeuse ancienne. Le fond plein reçoit une gravure plutôt qu’une fenêtre transparente, choix cohérent sur une montre-outil et qui évite d’exposer un mouvement industriel dont la décoration ne constitue pas le principal argument esthétique.
Eza 1972 Diver Off-White et Eza 1972 Diver Grey élargissent actuellement la palette de la famille sans modifier son architecture. L’Off-White accentue encore la dimension rétro, tandis que le gris offre une lecture plus neutre. Ces versions montrent que la plateforme 1972 est suffisamment simple pour accepter plusieurs couleurs sans perdre son identité. Son équilibre repose davantage sur les proportions du boîtier et de la lunette que sur une signature graphique spectaculaire.
Eza 1972 Small Blue Diver réduit le diamètre à 35,8 millimètres et la longueur à environ 44,3 millimètres. Cette version est limitée à cent exemplaires par couleur pour certaines séries et adopte un choix particulièrement rétro : le verre est en plexiglas plutôt qu’en saphir. L’étanchéité descend également à 30 mètres. La montre devient donc beaucoup plus proche d’une expérience vintage dans ses proportions et ses contraintes, tout en conservant le Sellita SW200 réglé sur six positions.
Eza 1972 Small Green Diver utilise la même architecture compacte avec un cadran vert. Le contraste avec la grande 1972 est intéressant : la version 39,6 millimètres combine esthétique ancienne, saphir et 200 mètres d’étanchéité, tandis que la petite privilégie la fidélité visuelle, le plexiglas et une résistance à l’eau beaucoup plus modeste. Le choix entre les deux dépend donc autant de l’usage prévu que de la taille du poignet.
Eza Sealander Black est la descendante directe de la montre qui relance la marque en 2016. Son boîtier de 41 millimètres mesure environ 14,2 millimètres d’épaisseur verre compris et 49 millimètres de corne à corne. Elle possède un verre saphir doublement bombé, une lunette céramique, une couronne vissée et une étanchéité de 300 mètres. Contrairement à la 1972, la Sealander comporte une date. Son Sellita SW200 est ajusté sur six positions et le tarif actuel est de 1 095 euros.
Eza Sealander Blue et Eza Sealander Green conservent les mêmes caractéristiques techniques avec des cadrans permettant de rendre la plongeuse moins austère. Les versions sur bracelet maille sont proposées à un tarif supérieur, autour de 1 165 euros en France. Le diamètre reste relativement raisonnable, mais l’épaisseur importante donne davantage de présence que sur la 1972. Sealander privilégie la robustesse et l’étanchéité au profil vintage particulièrement fin.
Eza Sealander DLC utilise un traitement noir DLC qui transforme sensiblement la perception du même boîtier. La montre conserve 300 mètres d’étanchéité, le saphir et le mouvement Sellita. Son tarif atteint environ 1 195 euros. Le revêtement apporte une esthétique plus contemporaine mais crée aussi un élément d’usure potentiel différent de l’acier naturel : une rayure profonde peut révéler le métal plus clair situé sous le traitement.
Eza Sealander Bronze Blue et Eza Sealander Bronze Green remplacent l’acier de la carrure par du bronze, matériau dont la surface développe progressivement une patine. Cette évolution rend chaque montre visuellement plus personnelle avec le temps. La réaction du bronze dépend cependant de la peau, de l’humidité et de l’environnement. Pour certains propriétaires, cette évolution constitue l’un des principaux attraits ; pour d’autres, la stabilité esthétique de l’acier restera préférable.
Eza AirFighter Blue constitue la principale proposition aviation actuelle. Le boîtier en acier mesure 41 millimètres, environ 12,3 millimètres d’épaisseur et 48 millimètres de corne à corne. Le verre saphir de 2,5 millimètres comporte une gravure du logo, tandis que le cadran utilise des index luminescents. L’étanchéité reste limitée à 50 mètres, valeur cohérente pour une montre d’aviateur mais sensiblement inférieure à celle des plongeuses. Le prix actuel est d’environ 995 euros sur cuir.
Eza AirFighter Black Mesh associe la même montre à un bracelet maille et se situe autour de 1 065 euros. Son fond plein reprend un dessin technique du mouvement plutôt que de montrer directement le Sellita, détail déjà présent sur la première AirFighter de 2017. Cette approche apporte une petite touche d’ironie : la construction mécanique est représentée graphiquement plutôt qu’exposée derrière un verre, alors que beaucoup de marques utilisent systématiquement un fond transparent.
L’évolution du lieu d’assemblage est l’un des changements récents les plus importants. Pendant plusieurs années, Eza insistait sur le retour à Pforzheim et le Made in Germany, les composants étant assemblés dans un atelier local avant réglage. La communication actuelle indique désormais que les montres sont assemblées en Suisse. Le site présente Eza comme proposant des « Swiss automatic watches with Pforzheim heritage ». Cette formulation traduit bien la nouvelle combinaison entre patrimoine allemand et structure horlogère suisse contemporaine.
Cette évolution ne transforme pas Eza en manufacture suisse intégrée. Les mouvements viennent de Sellita et différents composants sont produits par des fournisseurs spécialisés. La société actuelle possède néanmoins un objet social couvrant recherche, développement, fabrication, assemblage, contrôle, réglage et commercialisation de produits horlogers. L’important pour l’acheteur est donc de distinguer l’assemblage et le réglage réalisés sous contrôle d’Eza de la production complète de tous les composants.
Le Sellita SW200 constitue une mécanique particulièrement rassurante en matière de maintenance. Il dérive de l’architecture devenue standard du 2824 et est utilisé par un nombre considérable de marques suisses et indépendantes. De nombreux horlogers connaissent son entretien et les composants sont largement disponibles. Cette diffusion réduit la dépendance du propriétaire envers Eza pour les révisions mécaniques courantes, avantage notable pour une marque dont la propriété et l’organisation ont déjà évolué plusieurs fois depuis la relance.
La réserve de marche reste cependant l’un des aspects les moins modernes du mouvement. Environ 38 à 41 heures signifient qu’une montre laissée le vendredi soir sera généralement arrêtée avant le lundi matin. De nombreux calibres récents dépassent aujourd’hui 60 ou 70 heures. Le SW200 compense cette faiblesse relative par sa fréquence de 4 hertz, sa grande diffusion et sa facilité d’entretien. Eza privilégie donc un moteur éprouvé plutôt qu’une fiche technique spectaculaire.
Le réglage sur six positions constitue un autre élément différenciant. Historiquement, Adriaan Trampe effectuait ou supervisait lui-même une partie de ce travail, et la marque continue aujourd’hui à présenter ce réglage comme une caractéristique des montres. L’intérêt est concret car un mouvement mécanique peut avancer ou retarder différemment lorsqu’il repose cadran en haut, couronne en bas ou dans d’autres orientations. Un réglage multi-position cherche à réduire ces écarts dans les conditions réelles de port, même sans certification chronomètre.
Le service et la garantie sont relativement classiques pour le segment. Eza annonce actuellement deux ans de garantie standard, avec une année supplémentaire lorsque l’acheteur enregistre sa montre et remplit le questionnaire prévu par la marque. Les achats bénéficient également d’un délai de retour de quatorze jours lorsqu’ils restent non portés. Pour l’Union européenne, les prix affichés intègrent les taxes et droits annoncés par la boutique. Cette simplicité commerciale réduit certaines incertitudes courantes lors d’un achat direct auprès d’une micro-marque étrangère.
La disponibilité de pièces d’habillage est un sujet différent de celle du mouvement. Une révision de SW200 pourra probablement être effectuée indépendamment de la marque, mais un cadran exact de 1972, une lunette Sealander ou un maillon spécifique de bracelet maille dépendront davantage des stocks Eza. Cette réalité concerne presque toutes les petites marques. Pour une conservation sur plusieurs décennies, la pérennité des pièces propriétaires est généralement plus difficile à garantir que celle du calibre Sellita.
La qualité d’usage varie fortement entre les trois familles. Sealander offre 300 mètres d’étanchéité et constitue la plus robuste, mais son épaisseur de plus de 14 millimètres est sensible. La 1972 de 39,6 millimètres descend à 200 mètres tout en gagnant en finesse et en élégance. AirFighter se contente de 50 mètres mais offre un cadran particulièrement lisible et un boîtier moins épais. Le catalogue propose ainsi trois compromis réellement différents plutôt que trois habillages d’une même montre.
La petite 1972 constitue un cas encore plus spécifique. Son diamètre de 35,8 millimètres répond parfaitement au retour des petites montres, mais son plexiglas et ses 30 mètres d’étanchéité la rendent moins polyvalente que son apparence de plongeuse pourrait le suggérer. Le plexiglas possède l’avantage de pouvoir être repoli facilement lorsqu’il se raye légèrement et la marque fournit même un verre supplémentaire sur certaines éditions. Cette version privilégie volontairement le charme vintage à la résistance maximale.
Le rapport qualité-prix est devenu moins agressif qu’au lancement de 2016. La première Sealander équipée d’un ETA se situait sous 1 000 euros, tandis que la plupart des références actuelles coûtent entre environ 995 et 1 195 euros. L’inflation générale de l’horlogerie et l’assemblage suisse expliquent une partie de cette évolution, mais le segment des micro-marques est également devenu extrêmement compétitif. À plus de 1 000 euros, Eza doit convaincre par son histoire, ses proportions, son réglage et sa qualité d’exécution plutôt que par le calibre seul.
Le patrimoine constitue précisément un avantage, à condition de l’utiliser avec mesure. Une Eza moderne ne possède pas une continuité physique avec une montre sortie de l’usine Becker en 1965, mais le nom, certains dessins et plusieurs détails viennent réellement de cette histoire. La 1972 possède même une filiation visuelle directe avec une montre ancienne utilisée comme base de développement. L’héritage est donc réel mais discontinu, formulation plus exacte que celle d’une maison qui aurait produit sans interruption depuis 1921.
Le changement de propriétaire intervenu entre 2021 et 2026 ne supprime pas cet héritage mais modifie la manière d’évaluer la continuité de la renaissance. Adriaan Trampe reste l’homme qui a retrouvé la marque, dessiné les premières références et établi l’approche fondée sur les mouvements suisses réglés avec soin. La structure actuelle appartient désormais à Théophane Ramé. Pour les futurs collectionneurs, la période Trampe pourra ainsi devenir un chapitre identifiable dans la seconde vie d’Eza, plutôt que l’ensemble de son histoire moderne.
Le marché secondaire reste relativement modeste. Eza possède une communauté de passionnés mais n’a pas le volume de notoriété d’une grande maison allemande ou suisse. Les séries rares, les petites 1972 ou certaines versions bronze peuvent devenir difficiles à trouver sans nécessairement prendre de la valeur. L’achat doit donc être motivé par l’usage et l’attachement au design plutôt que par une perspective de rendement financier.
Cette relative confidentialité peut néanmoins constituer une qualité pour certains collectionneurs. Une Sealander ou une 1972 reste reconnaissable pour un amateur averti tout en étant beaucoup moins commune qu’une plongeuse produite à plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires. Les dimensions raisonnables, les mouvements conventionnels et les designs historiques facilitent également le port quotidien. Eza se situe ainsi entre la micro-marque confidentielle et la petite maison patrimoniale réactivée, position qui explique une grande partie de son attrait.
La stratégie future sera particulièrement intéressante à observer après le changement de gouvernance de 2026. Le catalogue actuel reste très proche de celui construit sous Adriaan Trampe et la communication continue d’insister sur Pforzheim, les montres mécaniques et l’accessibilité. La nouvelle direction devra décider si elle conserve cette approche ou développe de nouvelles familles. Pour maintenir sa crédibilité, l’enjeu sera probablement d’évoluer sans rompre avec la simplicité fonctionnelle qui relie les Eza modernes aux pièces historiques.
Eza possède une histoire plus complexe qu’une simple date de fondation pourrait le laisser penser : une véritable entreprise horlogère allemande apparaît à Pforzheim en 1921, développe ensuite ses propres mouvements puis disparaît en 1979, avant qu’un nouveau projet ne reprenne le nom trente-sept ans plus tard. La renaissance a construit une gamme cohérente de montres mécaniques à inspiration vintage, aujourd’hui assemblées en Suisse et animées principalement par des mouvements Sellita réglés sur six positions. Les proportions maîtrisées, le saphir sur les principales références, les bonnes étanchéités des plongeuses et la réparabilité du calibre constituent de vrais atouts. La réserve de marche modeste, certaines grandes épaisseurs et la rupture historique entre les deux entreprises doivent néanmoins être intégrées à l’analyse.
Pour mesurer la précision réelle, la qualité de finition, le confort et la pérennité du service au-delà de la fiche technique, les avis clients Dialicious permettent de confronter l’héritage revendiqué à l’expérience quotidienne des propriétaires.
(Mise à jour Octobre 2026)
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